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Fiche conseil:

Polyarthrite rhumatoïde

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rédigé par AS Delepoulle

(Dr en pharmacie).

Dernière mise à jour le : 25/11/2014

 
 
   
   
 

Qu'est-ce que la polyarthrite rhumatoïde?

Dessin de mains par Vera Kratochvil

La polyarthrite rhumatoïde est une maladie inflammatoire systémique, touchant les articulations, souvent bilatérale et symétrique, évoluant par poussées vers la déformation et la destruction des articulations atteintes.

La PR est le plus fréquent et le plus sévère sur le plan fonctionnel des rhumatismes inflammatoires. Elle toucherait environ 0,5% de la population.

Près de 300 000 personnes en France souffrent de polyarthrite rhumatoïde. C'est une maladie invalidante qui frappe surtout les femmes (4 femmes pour 1 homme).

 

La maladie débute le plus souvent entre 40 et 50 ans, mais peut aussi débuter dans la petite enfance. Elle est particulièrement invalidante dans 20 à 25% des cas.

Étiologie de la polyarthrite rhumatoïde

L'étiologie reste encore inconnue mais on a mis en évidence:

  • Facteurs dys-immunitaires: Perturbations de l’immunité humorale et cellulaire lymphocytes Th1 et leurs cytokines
  • Facteurs génétiques: AgHLA DRB1-01 et DRB1-04 et plus particulièrement les sous-types alléliques de DR4 : DRB01 et 04
  • Facteurs déclenchants : chocs émotionnels, facteurs hormonaux liés aux estrogènes (ménopause), froid et humidité, facteurs d’environnement comme le tabac.
Diagnostic

Les douleurs articulaires apparaissent progressivement au niveau des mains, des poignets et/ou des pieds

Les douleurs de la PR sont insomniantes avec réveils nocturnes, et persistantes au repos.

 

Manifestations articulaires: On définit la PR comme une maladie inflammatoire polysynoviale, intéressant au moins 3 articulations et évoluant depuis plus de 6 semaines et moins de 6 mois. Les articulations de la main et du poignet sont constamment affectées avec une atteinte bilatérale et symétrique, les genoux le sont très fréquemment aussi. On note une raideur matinale (durant plus d'une heure, depuis au moins 6 semaines).

 

Dans 20% des cas, une polyarthrite aigue fébrile est inaugurale.

 

Le diagnostic de la PR repose sur un faisceau d'arguments cliniques, biologiques et d'imagerie médicale (une PR épargne toujours le rachis sauf cervical) et nécessite:

  • de reconnaitre un rhumatisme inflammatoire périphérique;
  • d'écarter les autres affections inflammatoires et notamment une spondylarthrite ankylosante;
  • d'évaluer le risque de développer un rhumatisme persistant et érosif.

 

La maladie s'étend parfois en dehors des articulations et se manifeste alors sous forme de phénomène de Raynaud, de syndrome sec, de nodules rhumatoïdes, de spénomégalie...

Le saviez-vous? 

Plus le diagnostic et le traitement de la polyarthrite rhumatoïde sont précoces, meilleure est l'évolution.

 

En cas de doute, consultez sans tarder

Que se passe-t-il au niveau de l'articulation?

La PR entraine une atteinte inflammatoire de la synoviale (synovite) à l'origine de lésions osseuses, cartilagineuses et tendineuses. Différents mécanismes contribuent à la maladie:

  • Mécanismes enzymatiques: production d'enzymes qui détruisent notamment les cartilages.
  • Mécanismes immunologiques: stimulation des lymphocytes B par les lympgocytes T CD4+ et production d'auto-anticorps. Production de facteurs rhumatoïdes et d'anticorps antiprotéines citrullinés. Hyperactivité des lynphocytes CD4 dans la membrane synoviale: production de facteurs de croissance et d'angiogénèse (TGFβ, VEGF, PDGF). Cette angiogénèse va contribuer au recrutement des lymphocytes, macrophages et polynucléaires neutrophiles sanguins. Production de cytokines pro-inflammatoires par les globules blancs (IL1, TNFα, IL6)

Le saviez-vous? 

IL1 et TNF agissent sur les synoviocytes, les chondocytes et les ostéoclastes.

IL6 stimule la synthèse hépatique des protéines de l'inflammation (CRP, fibrinogène, complément)

Les nouveaux traitements ciblent l'inactivation de ces cytokines

Evolution

Atteintes articulaires: Si la lésion initiale (inflammation de la membrane synoviale) n'est pas endiguée par les traitements, celle-ci se propage au cartilage et à l'os ainsi qu'aux structures proches de l'articulation (tendons), conduisant à un enraidissement, une ankylose et à des déformations plus ou moins prononcées des articulations. L'évolution se fait par poussées successives causant des destructions articulaires, suivies de phases d'accalmie (phase de rémission).

Atteintes extra-articulaires: Une atteinte des yeux (syndrome sec), de la peau (nodules rhumatoïdes souvent au niveau des doigts), vascularite cutanée, poumon (nodules pulmonaires), cœur (myocardite).

Facteur de risque cardiovasculaire: la PR présente un facteur de risque cardiovasculaire (très probablement en rapport avec l'inflammation chronique)

Autres facteurs de risque: risque carcinologique augmenté, hémopathies, risque d'infections augmenté

 

Critères de surveillance de la maladie Il existe plusieurs critères de surveillance de "l'activité" de la polyarthrite rhumatoïde
  • Score DAS 28 (Disease Activity score) a été élaboré par l'EULAR (European league Against Rheumatism) et concerne 28 articulations.

PR en rémission: DAS < 2,6
PR de faible niveau d'activité: DAS 28 < 3,2
PR active: DAS > 3,2
PR modérément active 3,2 < DAS < 5,1
PR très active > 5,1

  • Le HAQ: Health Assessment Questionnaire est un questionnaire permettant d'estimer l'incapacité fonctionnelle spécifique de la PR. Une PR sévère se définit par l'existence d'un handicap fonctionnel mesuré: HAQ > 0,5

 
 

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Que faire en cas de polyarthrite rhumatoïde?

Combattre la douleur

 

  • Mobiliser ses articulations: Lorsque l'on souffre de polyarthrite, il faut ménager ses articulations, ce qui ne veut pas dire les mettre au repos et ne plus bouger, au contraire, mais continuer à s'en servir pour les entretenir. En effet, l'immobilisation et l'inactivité diminuent la force musculaire et donc la mobilité et l'équilibre.
  • Dérouillage matinal. Pour se lever du lit, éviter de redresser brutalement le buste. Sortir les jambes du lit en les faisant pivoter puis redresser le buste en douceur. Prendre une douche chaude permet de soulager les douleurs axiales  (colonne vertébrale). Les douleurs périphériques (avec sensation de chaleur) sont elles soulagées par le froid
  • Douleur aux pieds: Adopter des chaussures de confort. Consulter un podologue si nécessaire
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Hydratation des yeux

 

Afin de combattre le syndrome d'œil sec, il est recommandé d'appliquer régulièrement des substituts lacrymaux. Préférer les unidoses afin de limiter le risque d'allergie aux conservateurs.

 

Surveillez vos pieds

 

Le pied rhumatoïde doit faire l'objet d'autant d'attentions que le pied diabétique. Il faut faire attention aux conséquences des déformations, aux lésions cutanées et aux risques infectieux

 

Alimentation

 

Il n'existe malheureusement pas de régime pour combattre spécifiquement la polyarthrite rhumatoïde. Certains régimes préconisés sans lait, sans calcium notamment ne reposent sur aucune preuve scientifique et sont même dangereux! Une alimentation équilibrée et diversifiée est indispensable, tout simplement parce que la PR entraine une inflammation chronique, qui est un facteur de risque cardiovasculaire.

  • Prévenir l'ostéoporose . Une ostéoporose secondaire au syndrome inflammatoire est fréquente. La prévenir par un régime adapté, voire supplémentation en calcium et en Vitamine D.
  • Se rapprocher du régime crétois (riche en fruits, légumes, poissons, légumes secs, huile d'olive) : un régime riche en acides oméga-3 et 6 semble présenter un intérêt dans les maladies inflammatoires (KretoA...)
  • Adopter un régime qui prévient les risques cardiovasculaires, pauvre en cholestérol, pauvre en sel.
Aides au quotidien
Suivi biologique et radiologique

Un suivi biologique, clinique et radiologique est indispensable pour évaluer la réponse au traitement et prévenir l'apparition d'effets indésirables. Il explore le risque d'infection (très fréquent avec le traitement par TNF alpha)

  • La réalisation systématique d'une radiographie pulmonaire permet d'écarter tout risque de tuberculose dont le tableau clinique est souvent atypique en cas de polyarthrite rhumatoïde.
  • La réalisation systématique d'un panoramique dentaire permet d'écarter le risque d'endocardite à partir d'une infection dentaire

Vaccinations

 

 
 

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Bilan biologique d'une polyarthrite rhumatoïde

Diagnostic biologique

  • Le facteur rhumatoïde (anticorps IgM et IgG) est un facteur de dépistage, mais il manque de spécificité. Il est aussi positif en cas de connectivites, d'infections chez les sujets sains à partir de 65 ans.
  • Les anticorps anti-CCP (antipeptide citrulliné) sont des marqueurs précoces sensibles à 60% et spécifiques à 97%. Ils présentent aussi un intérêt pronostique.
  • Mesure de la vitesse de sédimentation (VS> 20 mm à la première heure)
  • Dosage de la CRP (C réactive protéine)
  • Une numération formule et une électrophorèse des protéines permet de mettre en évidence une anémie inflammatoire et une élévation du fibrinogène et des alpha-2 globulines.

Éléments d’interprétation des résultats :

  • La positivité d’au moins l’un des deux tests (présence de FR ou d’anticorps  antiprotéines/peptides citrullinés) constitue un élément fort en faveur d’un diagnostic positif de PR ;

  • la négativité simultanée des deux tests ne permet pas d’éliminer le diagnostic de PR ;

  • la présence d’un syndrome inflammatoire biologique n’est pas spécifique de la PR.

Suivi biologique

Un suivi biologique est indispensable pour évaluer la réponse au traitement et prévenir l'apparition d'effets indésirables.
 
 

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Comment traiter la polyarthrite rhumatoïde?

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L'objectif du traitement est d'améliorer la qualité de vie du patient en soulageant la douleur (traitement médicamenteux) et d'induire et de maintenir une rémission (soit un DAS 28 inférieur à 2,6)

 

Il est primordial de démarrer un traitement de fond intensif aussi rapidement que possible car les phénomènes érosifs, destructifs des articulations peuvent être très dommageables dès la phase initiale: une étude allemande montre en effet qu’une consultation médicale intervenant dans les douze semaines suivant l’apparition des symptômes augmente les chances de rémission et limite la destruction des articulations à long terme.

De plus, selon les auteurs, les patients faisant l’objet d’une prise en charge tardive (débutant après douze semaines de symptômes) ne récupèreront jamais vraiment ce retard par rapport aux patients traités précocement.*

*Source : Van der Linden MP et al : Long-term impact of delay in assessment of patients with early arthritis. Arthritis Rheum, 2010.

  • Il est recommandé de consigner les traitements et leurs éventuels effets indésirables dans un carnet de suivi du traitement
  • Pendant la grossesse le traitement doit être adapté: Paracétamol, AINS durant les 5 premiers mois (à l'exception du Celecoxib= Celebrex®) et en dernier recours corticoïdes à faible dose per os. La sulfasalazine peut éventuellement être maintenue.
  • Attention aux molécules photosensibilisantes: Méthotrexate et certains AINS: diclofénac, flurbiprofène, ibuprofène, kétoprofène, indométacine, naproxène, métoxicam, piroxicam, sulindac. Protégez vous du soleil si vous prenez ces traitements.

Le saviez-vous?

La prise en charge de la PR a beaucoup évolué au cours de ces dernières années, en particulier avec l'apparition des biothérapies.

Celles-ci, en complément du méthotrexate, permettent de mieux contrôler l'évolution de la maladie.

Traitement des poussées

Le traitement des poussées fait appel aux:

  • antalgiques des paliers 1 ou 2 voire 3 en cure courte dans les poussées hyperalgiques

AINS (en cure courte)

  • et aux corticoïdes (par voie orale, IV ou en intra-articulaire)

AINS Acéclofénac (Cartrex®), Diclofénac (Voltarène®),  Etodolac (Lodine®),  Flurbiprofène (Antadys®, Cebutid®),  Indométacine (Indocid®), Kétoprofène, Naproxène, Méloxicam (Mobic®), Phénylbutazone (Butazolidine®), Piroxicam, piroxiam bêta-cyclodextrine (Brexin®), Sulindac (Arthrocine®), Tenoxicam (Tilcotil®)

Le recours à la phénylbutazone n'est envisagé qu'après échec des autres AINS.
L'aspirine semble être moins efficace que les AINS et entraine plus d'effets indésirables aux doses maximales recommandées (2 à 3g/jour).

Il faut apprendre à gérer sa douleur et moduler par soi-même son traitement. La journée préférer les formes à action rapide (permettant de mieux moduler les prises); le soir prendre une forme à action prolongée de préférence avant le coucher et non pas au repas pour prolonger l'effet antalgique sur la nuit.

 

Précautions d'emploi: Prendre vos médicaments au milieu des repas ou avec une collation (yaourt) pour améliorer la tolérance gastrique. Le recours à un inhibiteur de la pompe à protons (oméprazole, lanzoprazole, pantoprazole) peut être prescrit afin de protéger l'estomac. En raison des effets hépatotoxiques additifs possibles des AINS, il est recommandé d'éviter de consommer de l'alcool au cours du traitement. Attention certaines molécules sont photosensibilisantes.

Associations déconseillées: autres AINS, lithium, méthotrexate (>15mg/semaine), anticoagulants oraux, héparines. Pour la phénylbutazone: aurothiopropanolsulfonate, ticlopidine, phénytoïne, sulfamides hypoglycémiants.

On peut associer aux AINS du paracétamol seul ou associé à de la codéine, des myorelaxants ou des antalgiques de palier 2 (tramadol), voire des morphiniques.
Traitements locaux
  • Infiltrations de corticoïdes Altim®, Celestène chonodose®, Diprostène®, Hydrocortancyl®, Kénacort 40 ou 80®. En cas d'arthrites périphériques, les infiltrations de corticoïdes agissent rapidement sur la douleur. Après infiltration, l'articulation doit être mise au repos pendant 48 heures. Une douleur est possible dans les suites immédiates de l'infiltration. Consulter votre médecin si la douleur devient plus importante au bout de 48 heures ou en cas d'apparition de fièvre (infection au niveau de l'articulation).
  • Sinoviorthèse isotopique ou à l'acide osmique
  • Lavage articulaire surtout pour le genou

Traitement de fond

Le traitement de fond, utilise anti-inflammatoires et immunomodulateurs. Ces traitements sont essentiels car ils ont un effet structural démontré. Ils permettent de freiner la progression des lésions ostéocartilagineuses.

Ces molécules, agissent sur l'inflammation articulaire après quelques semaines, voire quelques mois d'utilisation.

Il est indispensable de prendre ces traitements régulièrement et sans interruption afin de limiter l'évolution de la maladie!

Le saviez-vous?

Toutes ces molécules ont des propriétés immunosuppressives, ce qui majore le risque d'infection.

Consultez ainsi rapidement votre médecin en cas de signes infectieux: fièvre, toux...

Méthotrexate par voie orale: Novatrex®, Imeth®...

par voie injectable: Metoject®

Le méthotrexate est un analogue de l'acide folique: il inhibe la synthèse de l'ADN inhibant ainsi la prolifération cellulaire. C'est le traitement de fond de première intention car son rapport bénéfice /risques est supérieur aux autres traitements de fond.

Posologie: prendre 1 à 4cp en une prise hebdomadaire.

Précaution d'emploi: Une contraception efficace est obligatoire pendant tout le traitement et jusqu'à 3 mois suivant son arrêt chez la femme, 5 mois chez l'homme en raison du risque de malformations en cas de grossesse.

Effets indésirables: toxicité hématopoïétique (surveillance NF plaquettes), rénale (surveillance créatininémie), hépatique, pulmonaire, éruptions cutanées, risque d'infection. Une supplémentation en acide folique ou vitamine B9 est utile pour limiter les effets indésirables notamment digestifs et hématopoïétiques. Il faut la prendre dans la semaine qui suit la prise de méthotrexate

Associations contre indiquées: phénytoïne, fosphénytoïne, triméthoprime, probénécide, aspirine, phénylbutazone, vaccins vivants atténués.

Associations déconseillées: pénicilline, AINS.

Léflunomide Arava®

Le Léflunomide est un immunomodulateur qui agit sur la prolifération des lymphocytes (surtout les lymphocytes T), inhibant de ce fait la réaction auto-immune exagérée qui caractérise la PR. Cette molécule inhibe la dihydro-orotate déhydrogénase; une enzyme mitochondriale qui permet la transformation du dihydroorotate en orotate, étape nécessaire à la biosynthèse d'uridine monophosphate, dont le déficit conduit à l'arrêt de la division cellulaire

 

Indications: Il est prescrit dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde et du rhumatisme psoriasique. Il peut être utilisé en première intention en cas de contre-indication au Méthotrexate. Toutefois, le risque de ce médicament est sa lenteur d'élimination; il peut persister dans l'organisme des semaines après arrêt du traitement et entrainer des effets secondaires à long terme.

Effets secondaires mineurs (nausées, céphalées, alopécie…) qui cèdent généralement au bout de quelques mois. Effets secondaires plus sérieux : hypertension artérielle, atteinte hépatique ou hématologique (atteinte des cellules sanguines).

Précaution d'emploi: surveillance biologique hépatique (tous les mois puis toutes les 6 semaines), une Numération de la Formule Sanguine (NFS) et la surveillance de la fonction rénale.

Contre indiqué en cas de grossesse, d'allaitement, d'insuffisance hépatique ou rénale, de maladie ou de traitement immunosuppresseur altérant le système immunitaire, anomalies de la numération formule sanguine indépendante de la PR, baisse importante du taux de protéines.

Sulfasalazine Salazopyrine®

La sulfasalazine appartient à la classe thérapeutique des anti-inflammatoires digestifs ; elle est utilisée comme traitement de fond de la maladie de Crohn et de la rectocolite hémorragique. La sulfasalazine agit en inhibant la production d’acide arachidonique (effet anti-inflammatoire) mais on pense qu’elle possède également une action immunosuppressive dont le mécanisme est encore mal connu.

 

Utilisation: Il a été introduit comme traitement de fond de la polyarthrite rhumatoïde et de la spondylarthrite mais son efficacité reste assez modeste, si bien qu’il est aujourd’hui de moins en moins utilisé. Comprimés gastrorésistants à 500mg. Posologie 2 à 3g/jour.

Effets indésirables: Il est en général assez bien toléré mais peut donner des troubles hématologiques, réactions d'hypersensibilité, perte de l'appétit, nausées, vomissement, coloration brune des urines.

Contre indications: déficit au G6 PD, allergie aux sulfamides et aux salicylés, porphyrie, allaitement (nouveau-né de moins de 1 mois)

Précaution d'emploi avec la digoxine.

Chloroquine Plaquenil®

La chloroquine est un antipaludéen de synthèse. Ce médicament, efficace sur le paludisme, présente une efficacité dans la PR en début de maladie dans les formes peu actives. Toutefois, il n'a pas été démontré d'efficacité dans la prévention des destructions articulaires

Effets indésirables (bénins): troubles digestifs, éruptions cutanées, acouphènes. Le risque de rétinopathie impose un examen ophtalmologique initial et un contrôle tous les 6 mois

Biothérapies

Ces traitements sont relativement récents donc encore prescrits avec prudence; ils ne s’adressent pas à tous les patients mais généralement à ceux chez qui les traitements de fond classiques n’ont pas été jugés assez efficaces ou bien dans le cas d’une maladie débutante très agressive.
Les « cibles » de ces traitements sont des messagers chimiques ayant un rôle dans les phénomènes inflammatoires ou d’érosion. On appelle ces messagers des cytokines ; il peut s’agir du TNF alpha (d’où le nom d’anti-TNF donné au médicament) ou bien d’Interleukines. La « cible » peut également être une cellule comme le lymphocyte B ou le lymphocyte T qui semblent avoir un rôle crucial dans les mécanismes de l’inflammation  et de la polyarthrite ; en inactivant une certaine classe de lymphocytes B, on peut ralentir fortement l’évolution de la maladie.

Anti-TNF alpha

Etanercept: Enbrel®  Adalimumab: Humira®

Infliximab: Remicade®  Certolizumab: Cimzia® 

Adatacept: Orencia®

Anakinra: Kineret® Golimumab: Simponi®

Rituximab: Mabthéra®

Tocilizumab: Roactemra®

 

 

Les TNF alpha (= facteur nécrosant les tumeurs) sont des cytokines pro-inflammatoires. Le TNF est retrouvé en excès dans les tissus synoviaux des rhumatismes inflammatoires chroniques. L'efficacité des anti-TNF alpha est supérieure aux autres traitement dans l'amélioration des signes cliniques (douleur, raideur matinale, fatigue).

Posologie: Ces molécules s'administrent par voie sous-cutanée à raison de 1 dose par semaine, tous les 15jours, tous les mois ou toutes les 6 à 8 semaines selon les molécules

Efficacité: L'efficacité d'un traitement par anti-TNF se juge au bout de 2 à 3 mois. Le choix de la molécule dépend de la réponse du patient et non de leur performance. L'amélioration s'observe dès les premières prises. S'il y a échec, le médecin fait un "switch" entre les molécules, c'est à dire une rotation d'anti TNF ou d'autres biothérapies.

Précautions d'emploi: Avant tout démarrage d'un traitement par anti-TNF alpha, un dépistage de la tuberculose est réalisé systématiquement (IDR, radiographie pulmonaire), un panoramique dentaire permet d'écarter le risque d'endocardite à partir d'une infection dentaire. Une mise à jour du calendrier vaccinal est indispensable avant de débuter un traitement par anti-TNF alpha en raison de la contre indication sous traitement des vaccins vivants atténués. Surveillance clinique attentive avec recherche d'infection avant et après le traitement. En cas d'infection grave, le traitement est interrompu. 

Contre indication: Grossesse, tuberculose évolutive, infections sévères (septicémie ou risque de septicémie), coexistence d'une sclérose en plaque, insuffisance cardiaque modérée à sévère pour Humira®.

Effets indésirables: infections (bronchites, cystites, pneumonies...), réactions au point d'injection, réactions allergiques (angiœdème, urticaire voire réactions anaphylactiques). Certains gestes permettent d'éviter les réactions désagréables au point d'injection: sortir le médicament du réfrigérateur 15 à 20 minutes avant l'injection afin de réduire la douleur d'injection. Refroidir la zone d'injection avec, par exemple une poche de glace avant de réaliser la désinfection afin de désensibiliser la zone en question. Varier les sites d'injection en les espaçant de 3cm au minimum à chaque fois. Choisir une zone de la peau ne comportant ni plaie, ni veine apparente et ne pas injecter à un endroit où la peau est rouge, contusionnée ou indurée. Ne pas masser et ne pas placer de poche réfrigérée au niveau de la zone où s'est déroulée l'injection.

Association contre indiquée: vaccins vivants atténués. En raison du risque élevé de baisse des leucocytes sanguins, association déconseillée avec la salazopyrine, anakinra, abatacept (médicaments hospitaliers).

Les anti-TNF alpha ne peuvent pas être associés entre eux, ni avec d'autres biothérapies.

Attention sous anti-TNF alpha, il faut prévenir tout foyer infectieux . Consulter votre médecin rapidement en cas de fièvre. Indiquer à tout autre médecin la prise de vos traitements.

 

Les anti-TNF alpha se conservent au réfrigérateur entre +2 et +8°C

Avant de prendre ce traitement, consultez notre fiche conseil : Médicaments, horaires alimentation

 

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Traitement non médicamenteux de la polyarthrite rhumatoïde

Les traitements non médicamenteux de la PR comprennent des mesures physiques, des interventions éducatives et psychologiques, de la diététique, mais aussi l'acupuncture ou la physiothérapie.

Chirurgie

Le chirurgien peut intervenir en cas de déformations invalidantes. Il peut réaligner les doigts ou les orteils, poser une prothèse (hanche, genou). Il peut aussi réaliser des arthrodèses ou des synovectomies.

Kinésithérapie

Le renforcement musculaire est recommandé à tous les stades de la maladie. Ce sont surtout les activités physiques aérobies, favorisant l'endurance cardiorespiratoire qui sont recommandées. Les exercices doivent être adaptés à l'état général du patient.

Balnéothérapie, thermalisme  

La balnéothérapie peut être indiqué en complément de l'exercice physique. Elle est bien tolérée en dehors des poussées inflammatoires.

 

Elle n'est pas indiquée en cas de PR active. De plus, elle est déconseillée chez les patients recevant de la biothérapie en raison du risque infectieux.

 

Escalier piscine par Petr Kratochvil
Cryothérapie Plus d'infos sur notre fiche conseil Cryothérapie
Ergothérapie, podologue

L'ergothérapie permet de concevoir des orthèses de repos ou d'activité des mains et des poignets. Elle permet aussi d'évaluer l'aménagement du domicile du patient.

Le podologue peut prodiguer des soins de pédicurie, mais intervient aussi dans la confection d'orthèses plantaires et d'orthoplasies adaptées, voire de chaussures thérapeutiques sur mesure.

Suivi psychologique

Un suivi psychologique permet au patient soufrant de PR de mieux accepter la chronicité de sa maladie et ses répercutions physiques.

 
 

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Accompagner une polyarthrite rhumatoïde par homéopathie

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La polyarthrite est une maladie trop invalidante pour être soignée par simple automédication. Le traitement homéopathique doit être prescrit par un médecin homéopathe. Il ne dispense pas des traitements conventionnels.
Médicaments d'action générale et locale
  • Aurum metallicum : Douleur nocturne profonde ressentie comme osseuse
  • Phosphorus : évolution rapide avec aggravation des images radiologiques, alternance de poussées évolutives et de phases quiescentes.
  • Arsenicum album : si chaque poussée évolutive dépasse la précédente en gravité. Notion de périodicité des poussées, anxiété.
Médicaments de diathèse
  • Tuberculinum residuum : complément de traitement utile dans tous les cas.
  • Luesinum : douleurs nocturnes profondes et déformations permanentes.

Avant de prendre de l'homéopathie, consultez notre fiche conseil : Homéopathie

 

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Quand faut-il consulter un médecin?

Surveiller les signes suivants

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  • Consulter votre rhumatologue au minimum 2 fois par an, même si la maladie semble être stabilisée sur le plan de la douleur .
  • En cas de fièvre sous anti-TNF alpha
  • Après une infiltration de corticoïdes,  si la douleur devient plus importante au bout de 48 heures ou en cas d'apparition de fièvre (infection au niveau de l'articulation).

 

 

 

Dans ces cas, une consultation médicale s'impose

 
 

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Voies de recherche sur la polyarthrite rhumatoïde

Inhibiteurs de la tyrosine kinase splénique
Les inhibiteurs de tyrosine kinase sont déjà utilisés dans le traitement de la leucémie myéloïde chronique (chef de file: Imatinib).

Des chercheurs* travaillent sur le fostamatinib (ou R788), un inhibiteur de la tyrosine kinase splénique (en anglais Syk pour Spleen Tyrosine Kinase). Cette molécule, active par voie orale, agit sur la Syk, qui intervient au niveau des macrophages, des neutrophiles, des mastocytes et des cellules B, dans divers processus inflammatoires et immunitaires notamment au niveau de la synoviale des patients atteints de PR.

Pour le moment, le fostamatinib a démontré son efficacité dans la PR. Reste encore à évaluer sa tolérance à court, moyen et long terme, à préciser son mode d’action exact et à définir ses éventuelles indications par rapport aux biothérapies existantes.

*Weinblatt M et coll. : An oral spleen tyrosine kinase (Syk) inhibitor for rheumatoid arthritis. N Engl J Med 2010; 363: 1303-12.

 
 

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