La migraine touche environ 7 à 8 millions de personnes en France, soit près d’un adulte sur cinq, avec une nette prédominance féminine (environ 3 femmes pour 1 homme). Pourtant, la maladie reste largement sous-diagnostiquée et mal prise en charge : près d’un quart des migraineux n’ont jamais consulté pour leurs maux de tête, et beaucoup de ceux qui ont consulté ne sont plus suivis. La migraine n’est pas une « simple » céphalée : c’est une véritable maladie neurologique chronique, parfois invalidante. Cet article fait le point complet sur ses caractéristiques, ses causes déclenchantes, ses formes particulières et les approches d’accompagnement à connaître — sans oublier les remèdes naturels, dont l’homéopathie.
📑 Sommaire de l’article
- 1. Migraine ou simple mal de tête : comment faire la différence ?
- 2. Facteurs de risque et causes déclenchantes
- 3. Évolution de la maladie et complications
- 4. Cas particuliers : règles, enfant, grossesse
- 5. Que faire en cas de crise ?
- 6. L’agenda de la migraine, votre meilleur allié
- 7. Les remèdes naturels de la migraine
- 8. Quand faut-il consulter un médecin ?
1. Migraine ou simple mal de tête : comment faire la différence ?
Le terme céphalée est un terme générique qui désigne toute douleur siégeant au niveau de la tête : c’est tout simplement le mot médical pour « mal de tête ». Les céphalées sont fréquentes, le plus souvent bénignes, et de nombreuses causes peuvent les provoquer (fatigue, fièvre, tensions musculaires, troubles visuels, sinusite…).
La migraine, en revanche, est une maladie neurologique à part entière, caractérisée par des crises récurrentes avec des particularités bien identifiables. Faire la différence est essentiel, car les traitements ne sont pas les mêmes.
Céphalée de tension ou migraine ? Le tableau comparatif
La céphalée de tension épisodique est la forme la plus banale de mal de tête. Elle se distingue clairement de la migraine sur plusieurs critères, selon la classification internationale des céphalées (ICHD-3) en vigueur. Attention : les critères pris isolément ne suffisent pas à poser un diagnostic. C’est l’association de plusieurs symptômes qui permet de faire la différence.
🔑 À retenir
La migraine est une maladie neurologique reconnue, qui dure de 4 à 72 heures par crise sans traitement. Elle évolue par crises récurrentes, souvent avec un terrain familial. Une simple céphalée occasionnelle, même intense, n’est pas une migraine. Si vous vous reconnaissez dans le tableau ci-dessus, parlez-en à votre médecin : un diagnostic précis ouvre la voie à un traitement adapté et nettement plus efficace.
Migraine avec ou sans aura
Environ 20 à 30 % des migraineux présentent une migraine « avec aura ». L’aura correspond à des troubles neurologiques transitoires (durant 5 à 60 minutes) qui précèdent ou accompagnent la céphalée :
- Auras visuelles (les plus fréquentes) : taches lumineuses, lignes en zigzag, flou visuel, perte d’une partie du champ visuel
- Auras sensitives : fourmillements ou engourdissement d’une moitié du corps, du visage ou de la main
- Auras du langage : difficulté transitoire à parler ou à trouver ses mots
L’aura est totalement réversible. Les autres migraineux (70 à 80 %) ont des migraines « sans aura », sans signes neurologiques précurseurs.
2. Facteurs de risque et causes déclenchantes
L’origine exacte de la migraine reste partiellement comprise. On sait aujourd’hui qu’il s’agit d’une affection à forte composante génétique, impliquant l’activation d’un système neurologique complexe (notamment la voie du peptide CGRP, cible des traitements les plus récents). Au-delà de cette prédisposition, certains facteurs augmentent le risque ou déclenchent les crises.
Les facteurs de risque
- Antécédents familiaux : c’est le facteur le plus puissant. Avoir un parent migraineux multiplie nettement le risque.
- Sexe féminin : les femmes sont 3 fois plus touchées que les hommes après la puberté, en lien avec les variations hormonales.
- Âge : la migraine débute le plus souvent entre l’adolescence et 40 ans.
- Origine ethnique : la migraine est plus fréquente dans les populations d’origine caucasienne que dans celles d’origine africaine ou asiatique. Cela s’explique probablement par une combinaison de facteurs génétiques et environnementaux.
- Certaines maladies associées : il existe des liens entre migraine et hypertension artérielle, épilepsie, dépression, anxiété, et accidents vasculaires cérébraux. C’est pourquoi un avis médical est important pour éliminer ces diagnostics associés.
Les principaux déclencheurs des crises
Identifier ses propres facteurs déclenchants est l’un des leviers les plus efficaces pour réduire la fréquence des crises. Tous les migraineux n’y sont pas sensibles de la même manière.
⚠️ Vrai ou faux : tous les chocolats donnent la migraine ?
Faux. Le chocolat est souvent accusé, mais des études récentes montrent qu’il pourrait davantage être un signe annonciateur de la crise (envie sucrée durant la phase prodromique) qu’une véritable cause. La meilleure méthode pour identifier vos propres déclencheurs est de tenir un agenda de la migraine pendant 2 à 3 mois.
3. Évolution de la maladie et complications
Tous les modes évolutifs de la maladie migraineuse sont possibles et restent imprévisibles, dans le sens d’une aggravation comme d’une amélioration spontanée. Quelques tendances générales se dégagent toutefois :
- Le vieillissement apporte souvent, après 40-50 ans, une diminution de la fréquence et de la sévérité des crises, voire leur disparition.
- Chez la femme, les crises s’améliorent dans environ 70 % des cas pendant la grossesse et cessent dans les 2/3 des cas à la ménopause.
- Les migraines de l’enfant évoluent plutôt favorablement, mais 30 à 40 % des enfants migraineux le restent à l’âge adulte.
- À l’inverse, l’abus de médicaments antimigraineux (paracétamol, AINS, triptans, opioïdes…) peut transformer une migraine épisodique en céphalée chronique quotidienne — un cercle vicieux médicamenteux qu’il faut savoir reconnaître.
Deux complications à connaître
⚠️ L’état de mal migraineux
Il s’agit d’une crise de migraine qui se prolonge au-delà de 72 heures (jusqu’à 8 ou 10 jours), résistante aux traitements habituels. Il faut systématiquement rechercher un facteur d’entretien — abus d’antalgiques, déshydratation — et se méfier d’une céphalée d’origine différente (vasculaire, tumorale). Une consultation rapide s’impose.
⚠️ L’infarctus migraineux
Complication extrêmement rare, qui survient lors d’une crise typique de migraine avec aura, mais dont le déficit neurologique persiste au-delà de 7 jours. L’imagerie cérébrale (IRM, scanner) confirme alors un véritable infarctus cérébral. Cette complication concerne presque exclusivement les femmes jeunes migraineuses avec aura, fumeuses et/ou sous contraception œstroprogestative — d’où l’importance de signaler ses migraines avec aura à son médecin avant toute prescription de pilule.
4. Cas particuliers : règles, enfant, grossesse
Migraines cataméniales (liées aux règles)
On parle de migraines cataméniales lorsque les crises surviennent dans une fenêtre allant de 2 jours avant le début des règles jusqu’à 3 jours après. La migraine est dite cataméniale « pure » lorsqu’elle survient au moins à deux cycles sur trois dans cette fenêtre, et à aucun autre moment du cycle.
Le mécanisme principal est lié à la chute brutale de l’œstradiol qui survient juste avant les règles. D’autres systèmes interviennent : la dopamine, la sérotonine, les prostaglandines vasodilatatrices, et probablement le magnésium intracellulaire.
Les approches qui peuvent être discutées avec le gynécologue ou le neurologue :
- Les AINS et les triptans sont efficaces sur la crise.
- Une supplémentation par œstradiol percutané autour des règles peut améliorer ces migraines (prescription hors AMM, sur avis spécialisé).
- Une supplémentation en magnésium est souvent proposée en prévention.
Migraine de l’enfant
La migraine de l’enfant est largement sous-diagnostiquée. Elle peut débuter dès l’âge de un an, et sa prévalence est estimée entre 3 et 10 % chez l’enfant. Un contexte d’antécédent familial est presque toujours retrouvé.
ℹ️ Particularités cliniques chez l’enfant
Les signes diffèrent de ceux de l’adulte sur deux points importants :
- La durée minimale des crises est plus courte qu’à l’âge adulte (1 heure contre 4 heures).
- La douleur est plutôt frontale et bilatérale (alors qu’elle est souvent unilatérale chez l’adulte). Les troubles digestifs sont souvent au premier plan : pâleur, douleurs abdominales, nausées et vomissements. La photophobie est fréquente.
Les crises peuvent aussi se manifester de façon atypique : modification du comportement, difficulté d’apprentissage, retard de croissance. Une aura visuelle ou auditive précède la migraine chez environ 30 % des enfants. Une imagerie cérébrale (IRM ou scanner) est souvent réalisée à titre de bilan initial.
Facteurs déclenchants spécifiques
Outre les facteurs de l’adulte, deux éléments doivent être surveillés chez l’enfant : les stimulations sensorielles intenses (chaleur, bruit, lumière, froid, odeurs fortes) et les boissons type cola, ainsi qu’une alimentation déséquilibrée ou des repas sautés.
Traitement de la crise
- Ibuprofène 10 mg/kg en première intention, à prendre le plus tôt possible après le début de la céphalée.
- Paracétamol 15 mg/kg en alternative.
- Le sumatriptan en spray nasal (Imigrane® 10 mg) est le seul triptan ayant une AMM en France chez l’adolescent à partir de 12 ans : une pulvérisation dans une seule narine, en l’absence de soulagement il n’est pas recommandé d’administrer une seconde dose lors de la même crise.
Traitement de fond chez l’enfant
Lorsque la fréquence des crises justifie un traitement préventif, les approches non médicamenteuses sont privilégiées en première intention : relaxation, hypnose, biofeedback, thérapies cognitivo-comportementales. Aucun médicament n’a aujourd’hui d’AMM en France pour le traitement de fond de la migraine de l’enfant. Certaines molécules peuvent être prescrites hors AMM par un spécialiste (bêta-bloquants, amitriptyline, pizotifène à partir de 12 ans). À noter que le Sibélium® (flunarizine), longtemps utilisé chez l’enfant, n’est plus commercialisé en France depuis octobre 2023 ; il reste accessible via une autorisation d’accès dérogatoire dans certaines indications.
Migraine et grossesse
Bonne nouvelle pour les futures mamans : pendant la grossesse, les crises se raréfient ou disparaissent chez près de 70 % des femmes migraineuses, en particulier à partir du 2ᵉ trimestre, grâce à la stabilisation des taux d’œstrogènes. Une minorité voit ses crises s’aggraver (5 à 10 %) ou inchangées.
À noter que la migraine peut aussi débuter pendant la grossesse, et que le post-partum s’accompagne souvent d’une recrudescence de crises (en lien avec la chute hormonale et la fatigue).
🚫 Médicaments à éviter pendant la grossesse
Le paracétamol reste l’antalgique de référence. Les AINS (ibuprofène, kétoprofène, aspirine…) sont strictement contre-indiqués à partir du début du 6ᵉ mois (24 SA), et leur usage est aussi déconseillé pendant les deux premiers trimestres en cas d’utilisation prolongée. Les triptans ne sont pas recommandés en première intention mais peuvent être discutés avec le médecin si nécessaire (les données les plus rassurantes existent pour le sumatriptan). Les dérivés de l’ergot de seigle sont contre-indiqués. Toujours consulter le site du CRAT (lecrat.fr) ou demander conseil à votre médecin ou pharmacien avant toute prise médicamenteuse.
5. Que faire en cas de crise ?
Avant tout, il faut savoir réagir vite : plus le traitement est pris tôt, plus il est efficace. Voici les bons réflexes à adopter.
Les gestes simples qui soulagent
- S’isoler dans une pièce calme, plongée dans la pénombre. Porter des lunettes de soleil si nécessaire. Abandonner les écrans (téléphone, ordinateur, télévision).
- Appliquer du froid : un pack réfrigérant ou des glaçons enveloppés dans un linge, sur le front, les tempes ou la nuque. Le froid ne stoppe pas la crise mais aide à mieux la supporter.
- Se masser doucement les tempes, la nuque et les épaules. Faire quelques exercices de détente musculaire de la nuque.
- Respirer de la menthe fraîche ou appliquer un crayon ou stick au menthol sur le front et les tempes (en évitant le contour des yeux).
- Boire un café ou un thé fort dès les tout premiers signes peut, chez certains, aider à enrayer la crise. Attention : à n’utiliser qu’occasionnellement, l’abus de caféine pouvant lui-même générer des céphalées.
- Bien s’hydrater : la déshydratation aggrave la douleur.
Et côté médicaments ?
Les traitements de la crise (AINS, triptans, gépants…) et les traitements de fond (bêta-bloquants, topiramate, anti-CGRP…) ont fait l’objet d’évolutions importantes ces dernières années, avec l’arrivée de nouvelles classes thérapeutiques très efficaces. Pour tout savoir sur les médicaments antimigraineux, leurs indications, leurs précautions d’emploi et les nouveautés, consultez l’article dédié :
📚 Pour aller plus loin
👉 Tout sur les médicaments de la migraine : crise, traitement de fond, nouveautés
👉 Comment éviter les migraines : prévention, hygiène de vie et conseils naturels
6. L’agenda de la migraine, votre meilleur allié
Tenir un agenda de la migraine sur 2 à 3 mois est l’un des outils les plus puissants — et les plus simples — pour mieux comprendre votre maladie et permettre à votre médecin d’adapter votre traitement. Il vous aide à identifier vos déclencheurs personnels et à mesurer l’efficacité réelle des médicaments pris.
* L (légère) : permet les activités habituelles sans trop de gêne. M (modérée) : gêne notable, rend pénible toute activité. S (sévère) : empêche toute activité et contraint au repos.
7. Les remèdes naturels de la migraine
À côté des médicaments allopathiques, plusieurs approches naturelles peuvent être proposées en accompagnement, notamment en prévention. Elles ne se substituent pas à un traitement médical bien conduit chez les migraineux sévères, mais peuvent venir compléter utilement la prise en charge — notamment chez l’enfant, la femme enceinte (avec précaution) ou les personnes sensibles aux médicaments.
Migraine et oligothérapie
L’oligothérapie permet de traiter le « terrain » migraineux et de prévenir les crises. Son intérêt réside surtout dans la prévention au long cours. Pour le détail des oligo-éléments à utiliser et les schémas de prise, consultez l’article dédié : Comment éviter les migraines par oligothérapie ?
Migraine et homéopathie
Traitement de fond
Le traitement de fond homéopathique se choisit en fonction du terrain personnel et nécessite un avis individualisé. Plus d’infos sur : Prévenir les migraines par homéopathie
Traitement de la crise selon la cause déclenchante
- Migraines liées à un surcroît de fatigue nerveuse, travail ou soucis : Kalium phosphoricum 9CH, Phosphoricum acidum 9CH
- Liées à une émotion joyeuse ou malheureuse, ou à une contrariété : Ignatia 15CH, 1 dose par semaine
- Migraines liées à une fatigue musculaire : Rhus toxicodendron 9CH, Gelsemium 9CH
- Migraines liées à une fatigue oculaire : Onosmodium 9CH
- Migraines liées à un excès alimentaire : Nux vomica 9CH
- Migraines liées à une insolation : Glonoïnum 9CH
- Migraines liées à un effort intellectuel : Calcarea phosphorica 9CH
- Migraines liées à une contrariété, chez un sujet maigre qui préfère la solitude : Natrum muriaticum 9CH
- Migraines liées à la ménopause : Lachesis 9CH
- Migraines déclenchées par temps froid et humide : Dulcamara 9CH
- Migraines déclenchées par une odeur forte : Ignatia 9CH
- Migraines suite à un coup de froid : Belladonna 9CH
- Migraines suite à une constipation : Bryonia 9CH
- Migraines périodiques de fin de semaine : Sanguinaria canadensis 9CH ou Iris versicolor 9CH
Traitement de la crise selon les symptômes
- Avec abattement : Belladonna 9CH
- Avec troubles ophtalmiques et vomissements abondants, périodiques, survenant surtout en fin de semaine : Iris versicolor 9CH
- Avec jour rouge à droite et éructations : Sanguinaria canadensis 9CH
- Précédée par une faim impérieuse : Psorinum 9CH
- Avec diarrhée : Natrum sulfuricum 9CH
- Avec tête chaude et extrémités froides : Carbo vegetabilis 9CH
- Avec soif : Bryonia 9CH
- Avec alternance de la douleur, passant d’un côté à l’autre : Lac caninum 9CH
- Migraines sus-orbitaires, surtout à droite avec diminution de la vue : Lycopodium 9CH
- Aggravée après les repas et par la lumière du soleil, après une émotion, douleur pulsatile, douleur au sommet du crâne : Nux vomica 15CH
Traitement des céphalées (non migraineuses)
- Céphalées secondaires à un coup de froid : Aconit 9CH
- Céphalées avec douleurs oculaires : Ruta 5CH
- Céphalées avec sensation de battement dans la tête : Belladonna 9CH
Les prêts à l’emploi : Abbé Chaupitre N°6, Phapax® (Laboratoires Lehning).
Migraine et phytothérapie
Plusieurs familles de plantes peuvent être utilisées en accompagnement, après avis pharmaceutique :
- Plantes sédatives : aubépine, mélilot, mélisse, passiflore, lavande, valériane, eschscholtzia. Utiles quand le stress est un déclencheur identifié.
- Plantes anti-inflammatoires : reine-des-prés, écorce de saule, grande camomille (Tanacetum parthenium), matricaire. La grande camomille bénéficie de quelques études favorables en prévention de la migraine.
- Plantes dépuratives : artichaut, aubier de tilleul, romarin, fumeterre, radis noir, pissenlit. Contre-indication : obstruction des voies biliaires.
Pour un panorama complet, voir notre rubrique phytothérapie.
Migraine et gemmothérapie
Les bourgeons (macérats glycérinés) offrent un traitement de fond doux, intéressant en prévention. Ils permettent une action en profondeur et peuvent être utilisés chez l’enfant. Plus d’infos sur : Comment éviter les migraines avec les bourgeons ?
Migraine et aromathérapie
⚠️ Précautions d’emploi des huiles essentielles
- Test d’allergie avant la première utilisation : déposer quelques gouttes du mélange diluées sur la face interne de l’avant-bras. En cas de rougeur ou démangeaison, ne pas utiliser.
- Pas d’exposition solaire dans les 3 heures qui suivent une application cutanée d’HE.
- Toujours diluer les HE dans une huile végétale avant application cutanée (sauf mention contraire spécifique).
- La plupart des HE sont contre-indiquées chez la femme enceinte ou allaitante, le nourrisson et l’enfant de moins de 6 ans. Demander conseil à votre pharmacien.
Les huiles essentielles utiles
- HE de Gaulthérie couchée (Gaultheria procumbens) : riche en salicylates, elle est efficace sur les douleurs névralgiques accompagnant la migraine. À diluer impérativement.
- HE de Menthe poivrée (Mentha piperita) : riche en menthol, elle produit un effet froid antalgique très intéressant. Elle aide aussi à combattre les nausées migraineuses. Déconseillée chez la femme enceinte et allaitante, le nourrisson, l’enfant de moins de 30 mois et les personnes épileptiques.
- HE de Lavande officinale (Lavandula angustifolia) : particulièrement utile dans les migraines liées au stress.
- HE de Basilic tropical : antispasmodique digestif, utile lorsque les nausées sont au premier plan.
Formules composées
Formule 1 — Migraine d’origine digestive :
- HE de Menthe poivrée : 2 g
- HE de Basilic tropical : 1 g
- Huile végétale de noisette QSP 30 g
Appliquer 1 à 2 gouttes du mélange en onction sur le front, les tempes et les lobes des oreilles. Renouveler 5 minutes plus tard si besoin. Bien éviter le contour des yeux.
Formule 2 — Migraine d’origine nerveuse ou névralgique :
- HE de Menthe poivrée : 2 gouttes
- HE de Gaulthérie couchée : 2 gouttes
- HE de Lavande officinale : 2 gouttes
Masser de manière circulaire les tempes (loin des yeux) et la nuque pour une migraine névralgique, ou le plexus solaire pour une migraine de stress. Réservé à l’adulte non hypertendu ou à la tension équilibrée.
Les prêts à l’emploi
Les roll-on « maux de tête » proposés en pharmacie regroupent plusieurs huiles essentielles aux propriétés apaisante, circulatoire et relaxante. Bien agiter avant emploi. Par acupression, appliquer sur chaque tempe, au milieu du front, le long de la ligne d’implantation des cheveux, derrière chaque oreille et jusqu’à la base du cou. Si possible, se reposer 10 minutes ensuite.
8. Quand faut-il consulter un médecin ?
Quand revoir votre traitement
Une consultation est nécessaire si :
- Vous n’êtes pas soulagé(e) 2 heures après la prise d’un antalgique
- Une seule prise d’antalgique ne suffit pas à calmer la migraine
- Le soulagement obtenu ne vous permet pas une reprise normale de vos activités
- Vous ressentez des effets secondaires aux antalgiques
- Vous prenez des antimigraineux plus de 10 jours par mois pour les triptans/opioïdes, ou plus de 15 jours par mois pour les antalgiques simples ou AINS (risque de céphalée par abus médicamenteux)
- Vos crises deviennent plus fréquentes ou plus intenses
Les signes qui imposent une consultation rapide
🚫 Signes d’alerte — consulter rapidement
- Céphalée brutale et intense (« en coup de tonnerre »), inhabituelle
- Céphalée récente avec aggravation progressive (peut évoquer une hypertension intracrânienne)
- Fièvre associée, douleur oculaire, raideur de la nuque ou vomissements (peut évoquer une méningite)
- Sueurs nocturnes et amaigrissement associés
- Troubles de la vision durables, difficulté à parler ou troubles de l’équilibre persistants
- Hypertension artérielle associée
- Signes d’ergotisme (extrémités froides, douleurs musculaires) chez les patients prenant des dérivés ergotés
- Toute migraine inhabituelle chez un migraineux connu : ne pas la mettre systématiquement sur le compte de la maladie habituelle
Les autres causes possibles de céphalée
Plusieurs pathologies peuvent provoquer des céphalées dont il est important de ne pas méconnaître les signes :
- Intoxication au monoxyde de carbone (CO) : à évoquer si plusieurs personnes du foyer présentent en même temps maux de tête, nausées, vertiges. Quitter immédiatement les lieux et appeler les secours.
- Algie vasculaire de la face : douleur extrêmement intense, centrée sur l’œil, toujours du même côté, durant 15 min à 3 heures, se répétant 1 à 5 fois par 24 h. Prédominance masculine.
- Maladie de Horton (artérite temporale) : céphalée temporale chez les plus de 60 ans, urgence ophtalmologique.
- Hypertension artérielle paroxystique : céphalée souvent occipitale, avec sueurs et poussées tensionnelles.
- Hypertension intracrânienne, hémorragie méningée, tumeur cérébrale : signes neurologiques associés (déficit, vomissements en jet, somnolence) imposant une imagerie en urgence.
- Causes locales : glaucome, sinusite, douleurs dentaires, troubles de l’articulé dentaire.
- Céphalée par abus médicamenteux : cercle vicieux des antalgiques pris trop souvent (voir ci-dessus).
Migraine avec aura et risque cardiovasculaire
Plusieurs études, notamment l’étude islandaise Reykjavik suivie sur près de 25 ans, ont montré que la migraine avec aura est associée à une augmentation du risque cardiovasculaire (infarctus, accident vasculaire cérébral). Elle est aujourd’hui considérée comme un facteur de risque cardiovasculaire à part entière, au même titre que l’hypertension, le tabagisme ou le diabète. C’est pourquoi il est essentiel, si vous présentez des migraines avec aura :
- D’en informer votre médecin avant toute prescription de contraception œstroprogestative (qui peut alors être contre-indiquée)
- D’éviter le tabac, qui multiplie ce risque
- De surveiller régulièrement votre tension artérielle et votre bilan lipidique
Liens utiles et ressources
- SFEMC (Société Française d’Étude des Migraines et Céphalées) : sfemc.fr
- Association La Voix des Migraineux : informations, soutien et groupes de parole
- Migraine de l’enfant : dolomio.org
- Douleur pédiatrique : pediadol.org
- CRAT (médicaments et grossesse) : lecrat.fr
En résumé
La migraine est une maladie neurologique chronique, distincte des céphalées banales par sa pulsatilité, sa latéralisation, son aggravation à l’effort et la présence fréquente de nausées et de gêne à la lumière. Elle touche 7 à 8 millions de Français, surtout des femmes, et reste sous-diagnostiquée. Identifier ses facteurs déclenchants grâce à un agenda et adopter une bonne hygiène de vie (sommeil régulier, hydratation, gestion du stress) permet déjà de réduire les crises. En cas de crise, agir vite : isolement au calme, froid local, traitement médicamenteux pris dès les premiers signes. Les approches naturelles (homéopathie, phytothérapie, gemmothérapie, aromathérapie, oligothérapie) peuvent venir compléter utilement la prise en charge. Une consultation médicale s’impose si les crises résistent au traitement, deviennent plus fréquentes, ou présentent des signes inhabituels. Pour aller plus loin, consultez nos articles dédiés sur les médicaments de la migraine et la prévention des crises.
Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace en aucun cas une consultation médicale. En cas de céphalée inhabituelle, persistante ou s’aggravant, consultez votre médecin sans tarder. Sources : Recommandations SFEMC (2023, mise à jour 2025), HAS, ANSM, classification ICHD-3 (International Headache Society), CRAT, Pediadol, Dolomio.
Anne-Sophie DELEPOULLE — Dr en Pharmacie
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