Les tatouages sont devenus de vrais accessoires de mode mais il est important de prendre certaines précautions et de connaître les risques afin que cela ne vire pas au cauchemar.
Le tatouage constitue une effraction cutanée. C’est une porte d’entrée pour les germes qui vivent habituellement sur la peau (streptocoques, staphylocoques, pseudomonas…).
Le risque viral existe aussi (VIH, Hépatites B et C, Herpès…) mais est plus rare surtout si votre tatoueur utilise du matériel à usage unique
Allergies
Les différents pigments utilisés peuvent toujours entrainer des
phénomènes allergiques: eczéma de contact, photosensibilisation.
Ce phénomène allergique peut apparaitre parfois des années après
la réalisation du tatouage!
Chéloïdes
Des phénomènes de cicatrisation hypertrophique avec l’apparition de bourrelets fibreux, plus ou moins ramifiés peuvent être observés sur des tatouages.
Le henné seul est inoffensif mais c’est l’ajout de colorant au henné qui le rend dangereux!
Certains tatoueurs choisissent parfois de renforcer sa teinte et sa fixation sur la peau en ajoutant à leur mélange du paraphénylène diamine (PPD).
C’est ce que l’on appelle le “henné noir” qui peut être à l’origine d’effets indésirables graves
Depuis une dizaine d’années, les dermatologues et allergologues déclarent à l’ANSM des cas d’eczéma allergiques de contact qui surviennent quelques jours à quelques semaines à la suite de réalisation de ces tatouages. Ils peuvent être limités à la zone tatouée ou s’étendre à la zone avoisinante voire à tout le corps.
Le saviez vous? Ces réactions peuvent être violentes et nécessitent parfois une intervention médicale urgente voire une hospitalisation
Plus grave, cette allergie peut conduire à long terme à une hyper sensibilisation à vie, effet gênant car le paraphénylène diamine se trouve notamment dans de nombreux colorants (vestimentaires, teintures capillaires permanentes), à des caoutchoucs. Elles peuvent aller jusqu’à empêcher la pratique de certaines professions comme celle de coiffeur par exemple.
Il faut donc se méfier des tatouages au henné paraissant trop noir, et
préférer absolument les teintes marron et orangées.
Avant de soigner votre tatouage, il est indispensable de commencer par
se laver soigneusement les mains. Au moins 30 secondes, en savonnant tous les doigts (ne pas oublier les pouces), entre les doigts et le dos de la main.
Cette étape est indispensable tant que votre tatouage n’est pas cicatrisé
Nettoyer la plaie
Le tatouage doit être nettoyé tous les jours avec un savon liquide pH neutre.
Commencer par faire mousser le savon liquide avec vos mains avant de l’appliquer délicatement sans frotter. Ne pas utiliser de gant de toilette afin de ne pas y introduire de bactéries.
Rincer abondamment à l’eau tiède. Sécher à l’air libre ou en tamponnant délicatement avec une compresse non tissée ou un papier absorbant
Astuces
Si le pansement a collé sur la plaie, commencez par l’humidifier pour en faciliter le retrait
Appliquer un soin cicatrisant
Utilisez des crèmes cicatrisantes qui vont maintenir un milieu humide et décongestionner la plaie. Cette crème est à appliquer au moins 4 fois par jour. Protéger le tatouage des frottements avec les vêtements par un pansement
On peut utiliser aussi des pansements spéciaux qui maintiennent un milieu humide. Privilégiez les pansements transparents qui permettent de contrôler la plaie. Ces pansements sont à changer au moins tous les jours.
Ne pas gratter les nouvelles peaux qui se forment sur la cicatrice.
Protégez votre tatouage par un écran à indice solaire élevé afin d’éviter que votre tatouage ne se décolore.
Agir sur la douleur
Pour soulager la douleur, vous pouvez prendre du Paracétamol
Il est aussi possible d’appliquer une poche de glace ou un pack à réfrigérer)
en prenant soin de protéger la plaie par un pansement et un linge propre.
Il est indispensable de demander l’avis de votre médecin dans les cas suivants:
Avant de faire un tatouage
En cas de grossesse, si vous êtes atteint d’hépatite B ou C (une vaccination contre l’hépatite B est fortement recommandée avant un tatouage), en cas d’hémophilie ou sous traitement anticoagulant, en cas d’ allergies à l’une des substances utilisées lors du tatouage (encres, pigments, métaux, latex), en cas d’insuffisance rénale, de diabète, de maladie du cœur, de maladie auto-immune, de personnes séropositives pour le VIH, de sujets sensibles aux poussées d’herpès cutanéomuqueux, en cas de pathologie chronique,
Après un tatouage
Dans ces cas, une consultation médicale s’impose
En cas de rougeur et de gonflement qui progressent rapidement ou qui persistent plus d’une semaine après le tatouage.
En cas de sécrétions purulentes, de fièvre, de démangeaisons persistantes ou de douleur vive.
Anne-Sophie DELEPOULLE (Dr en Pharmacie)
Dernière modification le: Sep 20, 2021 @ 15h17