Indications
Les anticancéreux sont indiqués à visée curative seuls ou en association à d’autres techniques (radiothérapie, chirurgie) dans de nombreux cancers. Ils sont indiqués aussi pour éviter les rechutes. Quand le cancer est incurable, ils sont indiqués à visée palliative.
Certains anticancéreux sont indiqués à posologie plus faible dans certaines pathologies non tumorales (exemple du méthotrexate utilisé dans la polyarthrite rhumatoïde ou le psoriasis, hydroxycarbamide indiqué dans les thrombocytopénies, splénomégalies myéloïdes…)
Recommandations générales
Consulter au moindre
effet indésirable et
éviter d’avoir recours à
l’automédication car seul votre cancérologue peut déterminer si cet effet indésirable à un lien avec votre traitement et une prise en charge rapide peut éviter des complications.
Les comprimés et les gélules doivent être avalés tels quels et ne doivent donc être ni broyés, ni coupés, ni mâchés. Tout contact avec la peau doit être évité.
Ne pas manipuler d’anticancéreux si vous êtes enceinte! Tous les anticancéreux sont contre indiqués en cours de la grossesse, et parfois même avant un projet de grossesse. Ils sont contre indiqués en cas d’allaitement.
Les anticancéreux sont
contre indiqués en cas de leucopénie, neutropénie ou thrombocytopénie sévère, une insuffisance rénale ou hépatique sévère ou encore une infection non contrôlée.
Ne pas prendre vos anticancéreux avec du
jus de pamplemousse (inhibiteur enzymatique)
Recommandations particulières
Une
adaptation de posologie ne semble pas nécessaire en cas d’insuffisance rénale pour les inhibiteurs de tyrosine kinase, sauf en cas d’insuffisance rénale sévère.
Prudence en cas d’insuffisance hépatique (suivez la posologie prescrite par votre médecin)
L’idarubicine est contre indiquée en cas de myocardiopathie. Ce médicament contre indique les vaccinations à germes vivants (fièvre jaune)
En cas de réaction cutanée au traitement, ne pas s’exposer au soleil, ne pas prendre de douches ou de bains trop chauds. Appliquer régulièrement des
crèmes hydratantes.
Interactions médicamenteuses
Les effets cytotoxiques sur la muqueuse digestive
modifient l’absorption digestive de nombreux médicaments pris par voie orale.
Certains
inhibiteurs de tyrosine kinase (nilotinib, dasatinib, sunitinib) induisent un allongement de l’onde QT .
Leur association à d’autres produits exerçant le même type d’effet ou avec des inhibiteurs puissants des cytochromes P450 (CYP3A4) comme le kétoconazole, l’itraconazole, la moxifloxacine, la clarithromycine exige une prudence particulière.
L’administration prolongée
d’antihistaminiques H2 ou d’inhibiteurs de la pompe à protons risque de diminuer la concentration plasmatique des inhibiteurs de tyrosine kinase (dasatinib, sorafénib…)
Attention
risque hémorragique augmenté en cas d’association aux antivitamines K (capécitabine…). Préférer les héparines aux AVK
Les cytotoxiques
réduisent la réponse immunitaire aux vaccins,
diminuant leur efficacité et exposant au risque de maladie invasive dans le cas d’un vaccin vivant atténué (surtout contre la fièvre jaune).
Les effets des antiépileptiques sont modifiés par les anticancéreux et certains d’entre eux sont inducteurs enzymatiques. Il est préférable d’éviter la phénytoïne et la fosphénytoïne en particulier, et d’ajouter temporairement une benzodiazépine. La phénytoïne risque de majorer la
neurotoxicité du busulfan et/ou de l’isosfamide et risque d’inhiber l’activité cytotoxique de l’étoposide et/ou du téniposide.
Une
addition des effets indésirables hématologiques, des risques de thrombose et de troubles de cicatrisation est à prévoir lors de l’association de cytotoxiques avec d’autres médicaments ayant les mêmes effets indésirables.
Risque d’immunossupression excessive en cas d’association avec la ciclosporine, le tacrolimus ou le sirolimus avec risque de lymphoprolifération (doxorubicine, étoposide).
Interactions médicamenteuses